De tout temps, l’homme à toujours été animé par la compétition c’est dans sa nature et tout les moyens, tout les prétextes sont bons pour se lancer dans la compétition, faire tomber les records, se surpasser.

Les grecs utilisaient le sport dans le but de favoriser le corps, c’était une façon de se sublimer pour se préparer à la guerre. Le char en fit parti et les courses de chars font parties des Jeux olympiques antiques depuis 620 av. J.-C. Les récompenses de ces courses sont attribuées aux propriétaires des chevaux, sorte de championnat constructeurs de l’époque. Les Romains reprennent le concept et ce fut un franc succès auprès de la population, un monde se mit en place autour de ces épreuves.

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Les courses de chars comprennent un nombre limité d'écuries définies par une couleur : Les rouges (en latin russata), les bleus (en latin veneta), les blancs (en latin albata) et les verts (en latin prasina) sont les plus fameuses. Chacune de ces 4 équipes était représentée par 3 choses :
• un élément (eau, feu, etc)
• un dieu
• et une saison

D'autres écuries tentèrent leur chance, mais restèrent largement en retrait par rapport aux quatre grandes.

Ces écuries qui évoluaient notamment au Circus Maximus de Rome, avaient des répliques locales à travers tout l'empire. Les écuries romaines ne sont pas du tout organisées comme en Grèce. Ce sont de véritables clubs, au sens actuel du terme. Ainsi, les « propriétaires » de chevaux n'existent pas ; c'est le « club » qui remplit cette fonction. Ce sont les auriges et les chevaux qui sont les vedettes des courses de chars à la romaine car il n'existe pas de courses montées à Rome à cette époque.

Les cirques sont d'imposants bâtiments dédiés aux courses de chars, les circuits de l'époque. Le plus fameux d'entre eux, le Circus Maximus de Rome, a pu accueillir jusqu'à 385 000 spectateurs. À l'image de Rome qui se dote d'une telle enceinte dès 500 av. J.-C., nombre de villes du monde romain en disposent également.

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Au milieu du IVe siècle, 64 jours étaient consacrés aux courses de chars avec 24 courses par jour, c'était en général des courses de 7 tours. En plus de ce calendrier "officiel", il existait un grand nombre de courses de moindre importance.

Le plus célèbre des auriges (de nos jours on dirait pilotes) romains est Gaius Appuleius Diocles (104-146) pouvait être considéré comme le Schumacher antique. En 24 ans de carrière, cet « Hispanus lusitanus » prend part à 4.257 courses pour 1.462 victoires, véritable mercenaire des arènes, il court successivement pour les 4 écuries, négociant ses transferts au prix fort.. Mis à part Diocles, citons Publius Aelius Gutta Calpurnianus (1.127 victoires), Marcus Aurelius Liber (3.000 victoires), Pompeius Muscosus (3.559 victoires), Crescens, Musclosus (1.361 victoires), Hylas, Urbicus, Carisia Nesis Scirtus, Scorpianus (700 victoires), les frères Marcus Aurelius Polynice et Marcus Aurelius Mollicius Tatianus, Cl. Aurelius Polyphemus, Eutymus, Sex. Vistilius Helenus et Flavius Scorpus compte 2.048 victoires quand il trouve la mort à 26 ans en course; il est dès lors l’objet d’un authentique culte à Rome et dans tout l’empire.

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L'empire byzantin perpétue nombre de traditions romaines, au premier rang desquelles, les courses de chars. Édifié entre 203 et 223, l'hippodrome de Byzance peut accueillir plus de 100 000 spectateurs après agrandissement dès 330.

Ces courses déclenchent un passion toute romaine, provoquant même des drames que Rome avait su éviter. Le massacre de Nika entraîne le décès de 80 000 supporters… Le 13 janvier 532, émeute à Byzance après l’annulation des courses du jour à l’hippodrome. Les supporters des deux écuries traditionnellement rivales (Verts et Bleus) manifestèrent en effet unanimement leur hostilité envers l’empereur Justinien dès son arrivée en tribune ! Ce mouvement d’humeur était en fait téléguidé par des raisons politiques. Les supporters mirent la ville à sac pendant cinq jours tandis que l’empereur préparait sa fuite… Justinien renonça finalement à fuir et ordonna le massacre des mécontents ; 40 000 morts, dont plus de 35 000 Verts et plusieurs centaines de Bleus. Cette tragédie est connue sous le nom « de sédition Nika » en raison du cri « Nika ! Nika ! » (« Gagne ! gagne ! ») que scandait les supporters de courses de chars. La faction des Verts est anéantie, mais se reforme bien vite…

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Le 12 avril 1204 marque une date importante pour Byzance et pour les courses de chars. Lors de la quatrième croisade, Byzance (Constantinople) tombe aux mains des Latins; c’est la fin des courses de chars...

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